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"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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L'indispensable mutation culturelle



Ce que nous devrons accepter, comprendre et initier dans nos comportements. Réflexions impromptues d'un physicien, philosophe et prospectiviste …


Les cinq grands axes du changement comportemental qu'exige le nouveau paradigme sont : frugalité, noéticité, réticularité, utilité et spiritualité.

Ces cinq vertus sont les réponses (et sont des défis) aux cinq grandes ruptures que nous vivons aujourd'hui et qui sont la cause de la chaotisation du monde humain et de son écosystème (les nombreuses "crises" passées, présentes et à venir, dont la pandémie actuelle).

Voyons-les systématiquement.


Le défi de la Frugalité : "moins mais mieux !"

La réponse à la rupture sur les ressources. Le ratio des quantités de ressources disponibles par être humain ne cesse de s'effondrer. C'est proprement suicidaire. Cela rappelle l'histoire du gars qui se jette du haut de l'Empire-State-Building et qui hurle, à chaque étage : "Jusqu'ici tout va bien". Ce ratio repose sur deux paramètres : le nombre d'humains et a consommation par humain. Le nombre des humains sur Terre doit diminuer sous la barre des deux milliards avant 2150. Si l'on veut éviter les guerres, les pandémies, les famines et les mauvaises migrations (avec ostracismes et violences à la clé), il est temps d'inciter efficacement les pays d'Afrique et d'Asie à mettre en place une politique drastique de contrôle des naissances. Toute l'humanité doit descendre sous les 2 enfants vivants par femme. Qui peut faire cela ? L'ONU. Mais qui, là-bas, osera imposer cette stratégie nécessairement, évidemment et vitalement malthusienne ?


L'autre paramètre est la restriction de la consommation par humain, autrement dit la mise en œuvre essentielle d'une stratégie de frugalité. A tous les niveaux. Il faut casser la logique de l'hyperconsommation. Il faut casser la logique de l'économie de masse.

Ma définition de la frugalité est simple : en tout ce que l'on fait, faire moins mais mieux!


Manger moins mais mieux, et spécialement en ce qui concerne la viande et les glucides comme les farines ou les sucres (sans nécessairement suivre la mode bobo et cucul du végétarisme, du végétalisme ou du véganisme : l'homme est et doit être un omnivore par physiologie).

Travailler moins mais mieux, et cesser de passer 30% à 40%, au moins, de son temps à faire des choses inutiles qui relèvent des mauvaises habitudes, des divertissements imbéciles ou des distractions stériles.

Communiquer moins mais mieux, et cesser d'envoyer, tous azimuts, des messages, des photos ou des vidéos ineptes (souvent narcissiques ou diffamatoires) vers des tas d'interlocuteurs qui n'en ont rien à fiche mais qui doive perdre leur temps à prendre connaissance du message pour savoir qu'il est inepte.

Se réunir moins mais mieux, et cesser de croire que la grégarité fait avancer les choses et enrichit nos vies. Près de 80% des réunions ne servent à rien et ne reflètent que des jeux de pouvoir ou de séduction. Stop !

Se déplacer et voyager moins mais mieux, et cesser de croire que l'herbe est toujours plus verte dans le pré au loin. C'est ridicule. On peut se dépayser et se ressourcer à 200 kilomètres de chez soi.

Consommer moins mais mieux, et cesser d'être capricieux : consommer local et de saison.

Etc … etc … On pourrait allonger cette liste sur cinquante pages.


La frugalité n'est ni une religion, ni une idéologie : elle est un état d'esprit !


Le défi de la Noéticité : intelligence, connaissance et génie humains en vedette

La réponse à la rupture sur les activités.

La révolution numérique, on l'a vu, a déplacé copieusement le centre de gravité des activités manuelles et intellectuelles de l'humanité.

Selon diverses études, en Europe, vers 2035, 40% des emplois aujourd'hui assumés par des humains, seront assumés par des machines numériques. Et, si l'on en croit (et il faut le croire) le principe de Gabor qui dit que : "Tout ce qui est techniquement faisable, possible, sera fait un jour, tôt ou tard", tout ce qui est robotisable, sera robotisé et tout ce qui est algorithmisable, sera algorithmisé. Que cela plaise ou non.


Ce qui aura valeur, demain, ce n'est plus le labeur humain, mais le génie humain. Ce qui fait déjà et fera toujours plus valeur, ce n'est plus la sueur humaine, mais l'intelligence humaine, celle qui élabore les robots et les algorithmes, et celle qui prend en charge tout ce que les robots et algorithmes ne pourront jamais assumer : l'intuition, la volonté, le courage, l'imagination, la compassion, la tendresse, la vision (au sens du visionnaire), … et tout ce qui ne relève pas de la logique booléenne, c'est-à-dire l'essentiel de la vie.


Or, l'intelligence, en grec, se dit Noûs dont dérivent les mots "noosphère", "noétique", "noème", "noèse" et "noéticité". Tous ces mots pointent vers cette idée simple et déjà bien vivante, que nous évoluons, chaotiquement et schismatiquement, vers une société et une économie de l'immatériel et de la connaissance. Le propre de l'homme, c'est sa pensée créatrice. Le propre de l'homme, c'est l'émergence de l'Esprit sur le terreau de la Vie.


Mais il faut impérativement comprendre que cette société et cette économie de la connaissance et de l'immatériel suit une logique radicalement différente de l'économie matérielle classique. Voici quelques exemples :

• La valeur et le prix d'un objet matériel son proportionnels au temps que l'on a passé à le fabriquer. Ce n'est pas vrai pour une idée.

• Lorsque je vous donne un objet m'appartenant, je ne l'ai plus et vous l'avez. Lorsque je partage une idée avec vous, nous la possédons tous les deux.

• Un objet n'est pas duplicable gratuitement ; une idée, si.

• Le contrat salarial est bien adapté au travail matériel ; il ne l'est pas du tout pour l'activité immatérielle.

• Il n'y a aucun effet d'échelle sur les investissements immatériels.


La noéticité , c'est valoriser, avant tout, toutes les intelligences : celle du corps, celle du cœur, celle de l'esprit et celle de l'âme, tant sur le plan individuel que collectif.


Le défi de la Réticularité : vivent les réseaux !

La réponse à la rupture sur les modèles.

Le modèle organisationnel "naturel" des humains est la pyramide hiérarchique, normative et procédurale. Mais la mise en œuvre de ce modèle dans un monde devenu hypercomplexe, n'est globalement plus efficace parce que trop lent et trop lourd. La structure des organisations doit être enrichie : plus de relations et d'interactions entre les acteurs de façon à pouvoir répondre ou réagir très rapidement, très souplement, très réactivement, très créativement. L'adaptabilité est cruciale et antithétique face à la rigidité des pyramides.


Enrichir les modèles organisationnels, concrètement, c'est passer de la pyramide au réseau. Le réseau est un ensemble de petite entités (moins de 50 personnes par entité) autonomes (mais pas indépendantes), en forte interaction les unes avec les autres, et fédérées par un projet commun puissant et enthousiasmant.

C'est la passion de tous pour ce projet qui tient le réseau ensemble. Il faut donc y organiser la contagion passionnelle.


Mais il ne faut pas croire que passer de la pyramide au réseau est une sinécure. C'est probablement le défi le plus difficile parmi les cinq qui sont exposés ici. Pourquoi ? parce que le fonctionnement en réseau est, quelque part, contre-nature chez l'humain. La relation "maître à esclave" (cfr. Hegel), les relations d'obéissance et de subordination, l'idée de chef et de subalterne ou d'exécutant, sont tellement ancrée en l'humain depuis des millénaires, qu'un changement des règles du jeu collectif est, à proprement parler, traumatisante pour beaucoup.


Les résistances sont déjà violentes car bien des humains n'ont aucune envie d'être autonomes et responsables d'euxmêmes. Faut-il ici rappeler le chef-d'œuvre d'Etienne de la Boétie : "La servitude volontaire". La majorité des humains préfèrent la servilité à la liberté.

Ils réclament la liberté, mais n'en veulent pas.


Une organisation réticulée, c'est un ensemble de personnes autonomes qui œuvrent ensemble pour réaliser un projet. Il n'y est plus question de salariat, mais d'association au sens de Pierre-Joseph Proudhon - qui a eu raison beaucoup trop tôt et qui fut l'âme damnée de Karl Marx.


Un bel exemple de réticulation.

La globalisation des problématiques (pénurie, climat, pollution, pandémie, migration, etc …) est irréversible, mais la mondialisation (qui était, en fait, une américanisation) des solutions est morte.

La continentalisation du monde humain est en marche. Ce qui m'intéresse, par exemple, c'est la future Europe des Régions, sans niveau national intermédiaire. L'Europe comme réseau fédéré, avec un fort projet commun, de Régions autonomes. L'Europe pyramidale d'Etats pyramidaux est morte.


La réticulation est incontournable : la complexification du monde impose la complexification et l'enrichissement des organisations. Mais cela implique une transformation radicale des mentalités vers plus d'autonomie et de responsabilité personnelles. Fin des assistanats.






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