"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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L’envers et l’endroit



Je cite souvent cette phrase du moine-poète chinois Wang Wei (701-761) : « Le vénérable moine est homme à l'extérieur et ciel à l'intérieur. » C’est une phrase que nous pourrions tous dire : « Je suis homme (ou femme) à l’extérieur et ciel à l’intérieur ».


Cette phrase de Wang Wei pointe la différence entre notre apparence (à quelque mètres) et notre réalité centrale, entre ce que nous paraissons être et notre Être véritable. En réalité, nous avons tous un « envers » et un « endroit ».


L’envers désigne ce que les autres voient de nous ou ce que nous voyons de nous dans un miroir et l’endroit c’est ce que nous sommes pour nous-mêmes au centre.


Par exemple pour les autres, je me manifeste extérieurement comme une homme blanc de 55 ans, aux cheveux gris, mesurant à peu près 1m85 ; voilà mon envers. Mais pour moi-même au centre, ce n’est pas du tout ainsi ; je suis très différent ; je suis un espace de conscience, une présence, sans limite, sans âge, sans couleur ; je suis ce que Wang Wei appelle « un ciel ». Voilà mon endroit, et voilà aussi le vôtre.


Notre problème c’est que nous ignorons notre « endroit » et que nous nous identifions complètement avec notre « envers », et ainsi nous pensons n’être qu’un individu, un corps, une chose ; nous avons perdu de vue l’espace de la Présence.


Pourtant quand nous étions enfant nous avions un accès assez immédiat à notre « endroit » ; nous n’étions pas encore complètement identifiés à notre « envers ». Lorsque vous regardez un bébé, vous voyez quelque chose de très petit, à peine 50 centimètres, mais de son point de vue à lui, il est vaste comme l’espace, et votre visage apparait dans sa présence ouverte. Parfois encore, devant un magnifique paysage, ou en écoutant une oeuvre d’art, nous retrouvons spontanément notre « endroit » pour quelques instants et nous devenons espace pour le paysage, silence pour les sons…Puis cela se referme.


Tous les animaux vivent aussi à partir de leur « endroit » : une hirondelle ne se prend pas pour une hirondelle, un chat ne se prend pas pour un chat…


Il ne s’agit pas de nier notre envers ; il existe ; il est précieux ; mais je vous invite à retrouver votre endroit, à vous éveiller à ce ciel de la conscience. Les trésors que nous cherchons vainement dans le monde de l’envers nous y attendent : la paix, la joie, l’amour, la liberté, l’esprit d’enfance…


Cela s’opère en un instant. Comment ?


Regardez au-dessus de vos propres épaules. A partir de quoi regardez-vous en ce moment ? Une tête ? Des yeux ? Ou bien à partir d’un espace vide et transparent ?


Si au-dessus de vos épaules, vous découvrez une ouverture sans couleur et sans forme, vous y êtes. Voilà le Ciel de la conscience, dans lequel tout apparait.










Des ateliers Vision Sans Tête sont organisés dans la région Sud-Bruxelles, contacter sophie@etreplus.be



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