"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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Cultiver la joie


Se réveiller ce matin

24 nouvelles heures, je souris

Puis-je vivre aujourd’hui pleinement

En regardant le monde à travers les yeux de l’amour et de la compassion


Ceci est un gatha, un vers de poésie dans la tradition zen. Vous pouvez le réciter lorsque vous vous réveillez le matin accompagné de votre respiration consciente. Une bonne partie d’entre nous est très occupée dès le saut du lit jusqu’à ce que nous nous endormions la nuit. Nous avons l’habitude de courir quelque part et de faire quelque chose. Nos jours, nos semaines, nos années et nos vies passent si vite que nous sentons que nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons.  Un ami jamaïcain plaisante et dit: «Ici, vous avez une montre, mais vous n’avez pas le temps. D’où nous venons, nous n’avons pas de montre, mais nous avons le temps !»  Même quand il est temps de dormir, nous courons tou-jours. Un acte aussi naturel que le sommeil pour tous les êtres vivants devient difficile malgré toute notre intelligence et notre sophistication.


Il y a plusieurs sortes de sourires dans la vie - le sourire d’un homme d’affaires avide, le sourire du désir, le sourire d’excitation, etc. Je pense que le sourire d’un enfant et celui du Bouddha sont les plus beaux. En zen, cela s’appelle le sourire de l’éveil, ou celui de l’être. Il n’a pas d’objet de désir, c’est une conscience d’être vivant. Conscients que nous sommes pleinement vivants, nous sourions naturellement et sommes reconnaissants, car chaque instant que nous vivons est un cadeau. Ce sourire est à la fois un moyen et une fin. Le sourire du Bouddha est le plus sublime, vous pouvez le voir avec un demi-sourire lorsqu’il est assis, debout, en marche ou couché.

Je me demande souvent pourquoi il sourit même s’il dit que la vie est souffrance ? Perdre ce que vous avez est douloureux. Ne pas obtenir ce que vous voulez est également douloureux. J’en suis venu à la conclusion, à la suite de mes propres années de pratique de la pleine conscience, que la réponse est assez simple et n’a rien de métaphysique. Le Bouddha sourit car il est pleinement présent dans son corps donc il est détendu et serein. Il sait prendre soin de lui. Il prend son temps et apprécie chaque pas. Il sait apprécier un simple repas avec gratitude. Il sait s’asseoir tranquillement et profiter d’un coucher de soleil. Il écoute attentivement tous les sons de l’univers - sa beauté et sa joie mais aussi les cris de douleur et de chagrin. Même dans sa «parinibbana», posture de lion endormi, au moment de sa mort, il se pare d’un demi-sourire. Nous entrons tous dans le monde en pleurant et la plupart le quitteront avec regret et tristesse.


Beaucoup de gens dans notre société moderne mènent une vie stressante et se sentent prisonniers du temps, de l’ambition, du devoir et de la responsabilité. Avez-vous déjà marché dans une rue animée et observé notre indifférence envers nous-mêmes et la société ? La vie quotidienne est devenue un fardeau et nous utilisons des écouteurs et des écrans pour masquer cette anxiété fondamentale.


En chinois, le mot «patience» a le caractère «lune» et un carré qui l’entoure. Cela signifie admirer la lune, vous devez avoir un peu de patience, de silence de l’esprit et de relaxation dans le corps pour en profiter pleine-ment. C’est la différence entre joie et excitation. Dans l’excitation, il y a de l’impatience. Dans la joie, il y a de la patience pour savourer et apprécier.


Pour cultiver la joie dans notre vie quotidienne, nous avons besoin d’un peu d’attention et de concentration. De quoi ramener notre attention à nos sens. Nous avons besoin de moments où nous pouvons nous arrêter et profiter d’une respiration consciente, du sourire et des rires d’un enfant, de la compagnie de bons amis, de la pleine lune, de la brise chaude, de la bénédiction de la pluie sur notre peau, d’une fraise des bois, de la main de notre bien-aimé.e.


La joie est enfin considérée comme une énergie illimitée dans la psychologie bouddhiste avec l’amour, la compassion et l’équanimité. Dans la vie, nous sommes épuisés par notre travail, en tant que parent, en payant les factures de la maison. Le sourire que nous avions autrefois lorsque nous étions enfants est maintenant enfoui sous le stress de notre visage adulte avec toutes ses rides et son fardeau. Quand nous aimons ce que nous faisons et faisons ce que nous aimons, il y a de la joie pure. Lorsque nous sommes imprégnés par ces énergies, nous entrons par la porte intemporelle du moment présent, notre rendez-vous avec la vie.


Pour nous rappeler de cultiver cette joie, nous pouvons écrire ce gatha et l’accrocher près de notre lit ou miroir dans la salle de bain. Nous pouvons apprécier notre respiration et réciter chaque verset en pleine conscience. Nous avons beaucoup de belles valeurs dans notre société comme la fraternité, l’égalité et la liberté. Parfois, comme un panneau sur la route, nous avons besoin de rappels car nous avons tendance à oublier que nous sommes vivants.





Dat Phan sera présent en Belgique pour deux journées d’enseignements le 4/10 et le 28/3 voir p17.


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