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Les allergies : un lien rompu avec la nature


Nous faisons partie intégrante de la nature. Nous nous en sommes éloignés, nous l’avons malmenée et nous nous sommes perdus. En moins de 20 ans, les allergies ont progressé de manière fulgurante. Aujourd’hui plus de 30 % de la population mondiale est allergique. Selon l’OMS, d’ici 2050, 1 personne sur 2 pourrait souffrir d’une allergie qu’elle soit respiratoire, alimentaire ou autre.

A moins que nous nous réconcilions …


Les allergies printanières

Le printemps est à notre porte. Les jours se rallongent, les graines commencent à germer, les bourgeons à s’ouvrir, nous devrions nous en réjouir et pourtant bon nombre d’entre nous ont les yeux larmoyants, la gorge qui gratte, le nez congestionné,… Il s’agit de la fameuse rhinite allergique saisonnière, appelée rhume des foins, une affection inflammatoire chronique, provoqué par la danse des pollens qui voltigent dans les airs et que notre organisme considère comme une menace.


Que nous est-il arrivé ?

Les arbres existent depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, il y en a moins.


Or, les allergies, notamment respiratoires, se multiplient, nous arrivent plus tôt dans l’année et plus spécifiquement sans les pays industrialisés. Le réchauffement climatique et la pollution de l’air rendent les pollens plus agressifs, explique le Pr Michel Aubier, chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat à Paris. Bon nombre de scientifiques s’accordent à dire que notre environnement aseptisé et dénaturé, avec ses usines, ses villes géantes et son flot de véhicules, ont créé un déséquilibre et affaibli nos défenses immunitaires. En effet, physiologiquement nous sommes censés réagir raisonnablement au contact de « l’intrus ». Les allergies sont bel et bien une réponse exagérée de notre organisme face à celui-ci.

Comment fonctionne notre système immunitaire ?

Il existe deux niveaux de réponse immunitaire. Tout d’abord, la réponse non spécifique, qui est innée, dont font partie trois barrières naturelles : la peau (2m2), les muqueuses respiratoires (80m2) et les muqueuses intestinales (300m2). Elles agissent et combattent « l’agresseur », sans connaître sa nature, tout comme le fait l’inflammation qui est notre première barrière de défense.


La deuxième réponse est spécifique. Elle implique les lymphocytes, des globules blancs. Il s’agit du système immunitaire adaptatif, ce qui signifie que notre organisme se souvient des micro-organismes pathogènes.


L’allergie : une rupture de nos barrières naturelles

L’allergie correspond à un système immunitaire déficient. Elle constitue une réponse inappropriée et excessive du système immunitaire au contact d’une substance étrangère (l’allergène), identifiée à tort comme dangereuse. Une quantité déraisonnée d’immunoglobulines E (IgE) et d’histamine est activée, ce qui va induire des réactions inflammatoires diverses (démangeaisons cutanées, rhinite chronique, asthme allergique, œdème de Quincke, soucis digestifs, ….).


Les intestins, au vu de leur surface, sont responsables à 80% de notre immunité.


Si notre microbiote est déséquilibré, ce dernier va dès lors engendrer une immunodépression globale de l’organisme.


Les bactéries bénéfiques, situées sur les tissus de notre membrane intestinale, activent les lymphocytes, qui vont produire des immunoglobulines A, appelés les IgA sécrétoires, substance dont le rôle est de protéger nos muqueuses (respiratoires, digestives, vaginales, …) en détruisant les corps étrangers (virus, parasites, bactéries, …) qui tentent de pénétrer dans notre organisme. Une flore intestinale déséquilibrée réduit l’activation des lymphocytes, ce qui entraîne une diminution de la production des IgA sécrétoires, laquelle aura pour conséquence une protection moindre de l’intestin.


Dès lors, la surproduction d’antigènes rend la paroi intestinale poreuse (leaky gut). Leur passage surstimule le système immunitaire provoquant une inflammation chronique et entraînant des allergies et des maladies auto-immunes.


Le printemps : La saison du foie, notre centre anti-poison

Soutenir le foie renforce notre système immunitaire

Notre foie est l’un des cinq émonctoires. Son rôle principal est de filtrer le sang en éliminant, d’une part, les déchets issus du métabolisme (cellules mortes, minéraux utilisés, cholestérol, …) et des fermentations et putréfactions intestinales, d’autre part, en neutralisant les polluants exogènes (additifs, pesticides, médicaments, l’alcool, …). Grâce à des enzymes, il les transforme en composants solubles et moins toxiques qui pourront être ensuite plus facilement évacués dans la bile, puis de manière définitive, sous forme d’urine et de selles, par les reins et les intestins.


Cependant, dans nos sociétés industrielles où règnent la surabondance alimentaire et des pollutions en tous genres, notre foie est beaucoup trop sollicité. Il fi nit par s’engorger et par ne plus pouvoir éliminer suffisamment les déchets. En conséquence, d’autres émonctoires, tels les poumons et la peau, prennent le relais, ce qui peut occasionner des poussées d’acné, des suintements, des démangeaisons, des rhumes, des sinusites, de l’asthme (déchets colloïdaux issus principalement de l’amidon des céréales, du gluten et des produits laitiers).


Que pouvons-nous faire ?

Tout d’abord, manger moins et supprimer les ennemis du foie que sont les sucres et glucides raffinés, les acides gras trans, l’alcool, les additifs alimentaires, pour faire place à une alimentation anti-inflammatoire (cf. article n° 323, déc.2020) simple et naturelle, riche en bons acides gras, en vitamines et minéraux.


Le foie apprécie les légumes soufrés comme les choux, les radis, le cresson, la moutarde ainsi que les feuilles amères comme le pissenlit, l’artichaut et la chicorée.


Pensons aux infusions à base de chardon-marie, de romarin, aux jus de légumes faits maison drainants et alcalinisants à souhait, à la cure de sève de bouleau, drainante et dépurative (cf. article n° 325, mars 2021), au desmodium, une plante drainante et hépato-protectrice.


Pensons aussi à bannir les produits cosmétiques et d’entretien bourrés de substances de synthèse, allergisants et perturbateurs de notre système endocrinien.


Nous l’avons compris, il est essentiel de changer de comportements et de mode de pensée.


Nous avons tenté de dominer la nature, mais en vain. Aujourd’hui, en cette période d’épidémie, le temps des retrouvailles est une évidence, une nécessité salutaire universelle. Réconcilions-nous avec notre terre nourricière. Un nouveau départ s’offre à nous. Profitons de cette dernière chance pour recréer cette union, dans l’harmonie et le respect de chacun.







Naturopathe, conseillère en nutrition et hygiène vitale

Auteure du livre « Soyez acteur de votre santé », publié aux Editions Racine

reset@icone.be

http://reset.icone.be/Les-4-ateliers

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