"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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Toucher et massages thérapeutiques: des pratiques de santé anti-distanciations sociales



L’imposition des ‘gestes barrières’, la prohibition des poignées de main, des bises et autres accolades ont des conséquences désastreuses sur notre santé. C’est d’ailleurs le cri d’alarme poussé par plusieurs scientifiques dans l’excellent documentaire « Le Pouvoir des caresses », diffusé il y a peu sur Arte. Ces chercheurs soulignent que le fait d’interdire d’entrer en contact physique les uns avec les autres est inédit dans l’histoire humaine et entraîne une hausse spectaculaire de troubles psychiques et de dépression dans le monde. Ces scientifiques parlent de « pandémie de solitude de masse », un phénomène qui pourrait avoir des conséquences pires que celles dont la distanciation sociale est censée nous prémunir. Car, oui, la carence en contact physique peut contribuer au dépérissement des êtres humains.


Modelés par les mains qui nous aiment

L’importance du contact physique commence dès notre naissance. Il est prouvé que le toucher de ceux qui nous aiment régulent notre température, stabilisent notre respiration, harmonisent notre glycémie, stimulent notre croissance et conditionnent notre développement cognitif.


Des études sur nos cousins primates les plus proches – les chimpanzés – ont révélé qu’un déficit de contacts physiques après la naissance entraînait des conséquences dramatiques : les bébés chimpanzés meurent au bout de quelques semaines. Et ceux qui survivent à ce manque gardent des séquelles à vie : retard du développement cognitif, altération de la croissance, faible système immunitaire, incapacité à mémoriser…




A noter : au-delà de la petite enfance, le contact physique bienveillant reste un ingrédient essentiel à notre santé ; il serait même l’une des raisons expliquant la plus grande longévité des individus vivant en couple, comparés à ceux vivant seuls.


L’autre comme activateur des bienfaits du toucher

Il ne suffi t pas de se toucher soi-même pour améliorer notre santé, nous avons besoin des autres pour cela. Lorsque quelqu’un nous touche, le stimulus physique n’emprunte pas les mêmes circuits cérébraux que lorsque nous nous touchons nous-mêmes. Ce qui explique pourquoi nous n’arrivons pas à nous chatouiller ou que nous ne nous rendons pas compte que nous nous touchons le visage des dizaines de fois par jour, alors que si quelqu’un d’autre l’effleure, nous le sentons immédiatement !


L’équipe d’Hakan Olausson de l’Université de Göteborg en Suède a découvert un type de fibres nerveuses spécifiquement dédiées au contact avec l’autre et qui envoient leurs signaux électriques vers une région du cerveau essentielle au déclenchement des émotions positives. Quand ces fibres sont stimulées par le toucher d’autrui, elles font naître une sensation de plaisir diffus.


Les caresses comme antidouleurs

Nous avons tous entendu parler de l’ocytocine, l’hormone de l’amour. Caressé ou massé par une main délicate, notre corps en sécrète immédiatement, renforçant notre sentiment de confiance et de sécurité. C’est la même hormone qui tisse des liens indéfectibles entre le nourrisson et sa mère, mais aussi des liens de fi délité entre deux êtres qui s’aiment.

Il y a aussi l’endorphine, l’hormone du plaisir. Le toucher bienveillant en provoque une sécrétion abondante. C’est pourquoi un massage peut être si relaxant et apaisant ou qu’un toucher de consolation est parfois plus efficace que des paroles.


Le toucher et les ‘pétrissements’ propres aux massages peuvent aussi avoir de puissants effets antidouleurs. Après plusieurs tests réalisés sur un groupe de personnes en bonne santé, le Dr Line Löken, également membre de l’équipe de Göteborg, constate : « les impulsions résultant du toucher et des caresses amortissent les sensations de douleur et de stress ».

Voilà notamment pourquoi les couples qui s’étreignent souvent sont beaucoup moins sensibles au stress.


Mais comment bénéficier des bienfaits du toucher d’autrui lorsque l’on vit seul ou en période de distanciation sociale? Des chercheurs canadiens suggèrent que c’est le massage qui s’en rapprocherait le plus. Ils ont montré qu’avec 45’ de massage par semaine, le taux de lymphocytes, les globules blancs chargés de notre défense immunitaire, augmentait de 87% ! Ils ont aussi observé une baisse du cortisol, du rythme cardiaque et de la pression artérielle, éléments indicateurs d’une baisse de la sensibilité au stress.



Bref, pour prévenir la dépression et renforcer notre système immunitaire face à n’importe quel virus, tout en équilibrant notre santé physique, psychique et même énergétique, il serait peut être plus efficace de prescrire des contacts physiques, des massages et des câlins… plutôt que de les interdire !















RÉFÉRENCES :

  • « Les massages » de Ryan Jay Hoyme chez Améthyste éditions

  • Article de Rodolphe Bacquet sur alternatif-bien-etre.com

  • Fédération Belge de Massage : massagefed.be




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