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Religion et/ou Spiritualité ?



Les mots sont trompeurs et, trop souvent, on confond "religion" et "spiritualité". Cette confusion a une "excuse" parce qu'elle est profondément ancrée dans l'histoire humaine. Mais aujourd'hui, il est temps de séparer les deux termes …



Qu'est-ce que la spiritualité ?


Dans le vocabulaire religieux, le verbe "croire" est central car toute religion se définit par un Credo ("je crois", en latin). Et le fait de croire, comme il signifie que l'on n'est pas vraiment sûr, invite au doute, à la controverse, au dogme, à l'hérésie et à l'excommunication. Le verbe "croire" est un problème épineux au centre de chaque religion. Dans le regard mystique, il ne s'agit pas de croire, mais de vivre. Vivre le véritable et non plus croire en une vérité, vivre le Divin et non plus croire en un Dieu.


La spiritualité cherche à donner du sens à tout ce qui existe (en ce compris la mort, mais pas seulement). L'antithèse de la spiritualité, c'est l'absurdité érigée en système : rien n'aurait de sens puisque tout serait le fruit du hasard et de l'illusion. La spiritualité pose un principe : celui d'un fondement de tout dans un principe de cohérence tant dans l'espace (l'interdépendance de tout ce qui existe) que dans la forme (la logicité de tout ce qui existe) et dans le temps (l'intentionnalité de tout ce qui existe).


Les chemins de la spiritualité sont multiples et exploitent toutes les facultés de l'esprit (mémoire, volonté, sensibilité, intelligence et conscience). Parmi ces chemins, ceux de la rationalité (intelligence supérieure) et ceux de l'intuitivité (sensibilité supérieure) engendrent une dialectique féconde (conscience supérieure) qui permet un cheminement plus sûr.


L'obstination à vouloir absolument considérer le "phénomène humain" comme détaché du reste de l'univers (la totalité qui existe) et de son cosmos (l'ordre qui existe), est affligeant.


Il y a là un dualisme (à la fois platonicien et cartésien) désastreux qui empêche de comprendre le Tout comme Un. L'humain n'est pas d'une nature différente du reste qui existe. Au mieux, on peut distinguer des différences de degrés, mais jamais des différences de natures.


L'humain n'est qu'une manifestation, parmi des myriades d'autres, du processus cosmique qui construit la Matière, la Vie et l'Esprit dont l'humain participe. La raison d'être de la spiritualité est, précisément, de découvrir l'intention profonde et ultime de cette vaste construction, et de l'adopter comme guide de vie.



Spiritualité, religion, idéologie et laïcité.


Les mots sont des pièges qui peuvent devenir mortels sur les sujets sensibles.


Il devient urgent de bien clarifier les termes de "spiritualité", "religion", "idéologie" et "laïcité". Le flou actuel est un risque majeur de confusions et d'exploitation de ces confusions à des fins peu souhaitables. Tentons cette clarification …


  1. On appelle "spiritualité" toute recherche intérieure, personnelle ou collective, visant à répondre à la question du sens (le pour-quoi ?) et de la valeur (le comment ?).

  2. On appelle "religion" toute militance collective fondée sur une institutionnalisation d'un corpus spirituel particulier, où le questionnement spirituel est devenu positionnement dogmatique.

  3. On appelle "idéologie" toute doctrine, plus ou moins cohérente, affirmant donner des réponses aux questions posées par la vie dans ses multiples dimensions ; en ce sens, toute religion est, au sens philosophique, une idéologie et toute idéologie est, au sens sociologique, une religion ; la tendance naturelle de toute idéologie est un totalitarisme qui prétend donner réponse à toutes les questions de la vie.

  4. On appelle "laïcité" une idéologie visant soit à déconnecter le plus complètement possible les convictions religieuses et les décisions politiques (ce qui est évidemment un leurre puisque toute personne prend toujours ses décisions en fonction de ses convictions), soit à éliminer toute influence réciproque entre les institutions étatiques et les institutions religieuses (ce qui est théoriquement louable, mais factuellement impossible, puisque l'Etat est fatalement le reflet et le jouet des idéologies dominantes, laïques ou religieuses).


Il faut alors noter que ce qui est appelé couramment "religion", est souvent un amalgame désolant entre une quête spirituelle et une institutionnalisation religieuse. Ainsi, on peut être catholique (spirituellement parlant) sans forcément suivre les prescriptions et injonctions de l'Eglise de Rome (idéologiquement et dogmatiquement parlant). De même, le Bouddhisme tibétain est bien plus une religion qu'une spiritualité, alors que c'est l'inverse pour le Bouddhisme zen. L'hindouisme est une vaste collection de spiritualités, mais dont émergent de virulents partis politiques religieux. La Franc-maçonnerie régulière est une pure spiritualité non religieuse et non idéologique, alors que les mouvances pseudo-maçonniques irrégulières et non reconnues, véhiculent des idéologies relevant du laïcisme, de l'humanisme, de l'humanitarisme, du socialisme, etc … Enfin, sous les feux de l'actualité, le soufisme musulman est une authentique spiritualité, mais le Coran, tel qu'il se lit ailleurs, relève toujours de l'idéologie autant politique et guerrière que religieuse avec, depuis toujours et pas seulement aujourd'hui, de forts relents totalitaires que certains extrémismes n'hésitent pas à appliquer à la lettre.


Ajoutons encore ceci : une conviction devient religieuse ou idéologique dès lors que les faits avérés sont impuissants à faire évoluer les croyances. En ce sens, le marxisme et le freudisme sont deux exemples forts d'inébranlables convictions religieuses. Ainsi du créationnisme à l'américaine. Ainsi du socialisme, amalgame absurde de deux autres croyances dogmatiques que sont le social-étatisme et l'égalitarisme. Etc …


Une religion est une idéologie spirituelle.

Une idéologie est une religion sociétale.

De même …

La morale est une religion éthique.

La législation est une idéologie

comportementale.

Les temps sont venus d'être vigilant quant à l'emploi des mots dans ces domaines particulièrement sensibles.

Vigilance, donc !



En guise de conclusion …


L'urgence pour chacun est de s'armer pour donner un sens à sa vie de façon autonome, en totale solidarité avec le reste du monde. Devenir une personne autonome, responsable et fraternelle …

… donc reconnaître, pour tout ce qui existe, un même Père-Esprit et une même Mère-Vie. Alors seulement la Joie devient possible.
















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