"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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Personne ne devrait garder le silence face au deuil périnatal



« Alors comment va ton bébé depuis que je t’ai vue enceinte la dernière fois ? » Et la maman en face de vous s’effondre en pleurs ! Vous êtes d’un coup mal à l’aise, gênée, vous ne savez plus quoi faire… Ça tourne à toute vitesse dans votre tête : « comment me rattraper ? Je la prends dans les bras ? Non je ne suis pas assez proche… Je lui demande si elle a des ennuis ? Non c’est clair que ça ne va pas du tout… Je lui demande si je peux faire quelque chose pour elle ? Mais si elle dit oui, je fais quoi ? »

Vous imaginez cette scène qui peut sembler décalée et pourtant, en réalité, elle se passe de très nombreuses fois chaque jour, dans divers endroits. Elle met en difficulté émotionnelle et relationnelle bien des personnes, tant au travail que dans la vie courante, ou dans la sphère des loisirs. La raison est qu’une grossesse sur quatre prend fin de manière prématurée (fausse couche, interruption de grossesse, mort fœtale, soin palliatifs de naissances compliquées, …) et personne ne s’y est préparé.



L’idée même qu’un bébé puisse mourir est indicible et inimaginable. Cette idée renvoie à notre impuissance à maintenir la vie à tout prix, à notre incapacité d’humain d’imaginer que le magnifique projet qu’est celui de mettre un bébé au monde et d’avoir une famille puisse se finir par un décès et une sensation d’échec, de culpabilité. C’est une réalité laissée sous silence car elle est loin des standards d’une société d’efficaités, de rendement, de rapidité. « T’as perdu ton bébé ? C’est pas grave, t’es jeune, t’en auras d’autres et puis tu sais, la nature fait bien les choses ! ». Cette phrase vous choque ?



Elle est très souvent prononcée par un entourage ignorant de la charge affective que les futurs parents ont mis dans ce projet d’enfant à venir. Elle fait une pirouette pour éviter de nommer ce qui est embarrassant : notre fragilité, notre solitude intérieure en cas de problème personnel, notre dégoût de nos réactions mièvres, …


Autant d’émotions qui créent des barrières et renforcent le sentiment d’incompréhension des parents endeuillés d’un bébé, d’une grossesse. Alors que faire ? Et bien, mettre les pieds dans le plat et se mouiller !




Oui, il est conseillé de parler de ce bébé


(même en devenir de quelques semaines de grossesse à peine) avec les parents, ils n’attendent que ça : que vous leur demandiez comment ça s’est passé, comment s’appelle leur enfant, comment se déroulent leurs journées. Les parents endeuillés ont besoin d’attention bienveillante, d’écoute, de services et chacune de nous peut faire la différence. Nous avons le pouvoir d’agir en étant dans un état d’ouverture et d’empathie, même en étant mal à l’aise et en restant en silence. Tout se passe à l’intérieur : l’alchimie secrète des émotions qui nous traversent et nous renseignent comme les messagers du chemin à prendre.


Cela devient un cadeau pour grandir dans notre humanité,

autant pour l’entourage que pour l’endeuillé. Le processus de deuil et de résilience s’enclenche d’autant mieux que les actions mises en place sont authentiques, concrètes, stimulantes et sans attente. Ces pratiques sont mise en oeuvre au quotidien dans le programme de La Voie d’Isis et dans les services d’Aeternia : deux structures partenaires spécialisées dans une facette de l’accompagnement autour de la mort. Des valeurs fortes qui se rejoignent : le respect , l ’engagement , la connexion à la vie, l’innovation. Les mots ont un pouvoir alors « que votre parole soit impeccable ».


Vos actes sont le reflet des changements possibles, alors faites la différence dès maintenant en affrontant la réalité du deuil périnatal et en y mettant votre cœur, vos couleurs, vos intentions positives. La traversée d’un deuil est un chemin de croissance et la vie ne quitte pas celui·celle qui perd un proche, la vie attend le moment d’agir au mieux pour la personne, là où elle en est. Vous pouvez faire la différence et vous en bénéficierez aussi, alors allez-y !