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Permaculture et transition urbaine - co-créer des villes résilientes pour le futur !



Aujourd'hui, 57% de la population mondiale vit dans des zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 68% d'ici 2050 ! Les projections montrent en effet que l’urbanisation combinée à la croissance globale de la population mondiale représentent une augmentation urbaine de 2,5 à 3 milliards d’individus endéans les 30 années à venir. Une gestion vertueuse et durable de nos villes est donc vitale pour l’avenir de l’humanité.



Un des problèmes majeurs liés au développement irréfléchi des zones urbaines est que ces expansions se produisent généralement au détriment des zones écologiquement sensibles. L’urbanisation détruit les terres arables et fertiles, ainsi que les habitats d’espèces vulnérables, tout en épuisant les ressources non renouvelables et en augmentant considérablement la pollution. Nous devons donc chercher et mettre en oeuvre des moyens alternatifs pour sauver la situation actuelle et future. La permaculture urbaine peut fournir des réponses à ces enjeux, en fournissant une palette d’outils et de solutions bénéfiques à la biodiversité animales et végétales, tout en produisant des ressources et de la nourriture en abondance.



Sortir de la pensée linéaire


Avec près des trois-quarts des êtres humains vivant dans des villes et les zones péri-urbaines d’ici 2050, la gestion durable de ces espaces de vie est prioritaire. La permaculture urbaine peut Permaculture et transition urbaine tout à fait répondre aux multiples défis que représente cette gestion pour le moins délicate, mais elle a besoin de temps pour se mettre en place. Il est donc urgent d’anticiper ce qui s’en vient afin que les zones urbaines soient les plus résilientes possibles.


Si nous voulons répondre aux besoins en ressources de nos villes et aux besoins humains (notamment en matière d’alimentation), tout en étant attentifs et soucieux de la flore et de la faune locales qui partagent ces espaces de vie, il faut oser sortir des routes toutes tracées de la pensée linéaire qui nous enferme dans un modèle de citoyen-consommateur hyper matérialiste et séparé du monde vivant. Un modèle voué à l’échec.


Sortir de la pensée linéaire, c’est (re)devenir créatif, utiliser notre intuition, notre imagination et tous nos sens. C’est exactement ce qui est nécessaire en permaculture pour repenser les bâtiments, les structures, les espaces et leurs interdépendances afin de faire revenir l'abondance et la fertilité dans le paysage urbain. En utilisant les espaces urbains pour cultiver des ressources, libérer l’abondance et développer une meilleure santé du vivant, nous nous réapproprions ces biens communs qui, souvent, ont été perdus au cours des siècles au profit d’un capitalisme déraciné… Il est donc essentiel de créer de nouveaux designs permaculturels pour ces espaces communs afin d’amplifier l’indispensable ‘Transition’ qui peine encore à se déployer comme elle le devrait.



Des espaces urbains pour créer l'abondance


En termes de conception et design permaculturel dans un cadre urbain, il est important que nous utilisions notre imagination pour regarder au-delà de nos simples lieux de vie afin d’intégrer toutes les interactions possibles avec les espaces publics (construits ou naturels), les cheminements et accès, la gestion des eaux, des énergies, des ressources, etc. Comme il n'y a tout simplement pas assez de place dans la plupart des jardins urbains pour pouvoir cultiver une grande partie des ressources dont nous avons besoin, il est essentiel de repenser les espaces publics en termes de ‘micro-fermes urbaines’, ‘vergers collectifs’ ; même les nombreux parcs urbains pourraient facilement redevenir des ‘paysages comestibles’ abondants. Pourquoi planter des platanes alors que quantité d’arbres fruitiers seraient plus que bienvenus dans les espaces publics ?


Nous devons également garder à l'esprit que les zones urbaines sont relativement compactes avec une haute densité de population. Il est donc indispensable de réapprendre à partager et à coopérer avec les autres au sein de ces zones. Au-delà de la possibilité de produire des ressources localement, une grande opportunité réside dans le développement et l’amélioration des relations humaines. Qu’est-ce qui fait qu’une communauté est plus résiliente qu’une autre ?


C’est souvent la qualité même des relations entre les individus qui est la clef d’un avenir commun bienveillant et à faible impact.



Quelques pistes


  • Parcs — Les parcs sont des espaces publics, nous sommes le public, nous devrions donc vraiment utiliser nos parcs locaux comme des ressources communautaires. Les outils de design en permaculture permettent de facilement intégrer l’existant et de faire évoluer le système par phases pour arriver à des cycles vertueux, abondants et à impact zéro.

  • Rues — La culture dite « en Guerrilla » (où l’on sème à tous vents fleurs, légumes, aromates…) est un excellent moyen de réaliser un certain nombre de choses importantes dans la pratique de la permaculture urbaine : recréer des habitats écologiques pour la faune et la microfaune ; produire un approvisionnement local de ressources ; ajouter de la beauté et de la couleur dont nous avons tant besoin dans les villes. Plus précis que la culture aléatoire « en Guerrilla », des groupes peuvent aussi se constituer entre voisins pour élaborer un projet de « rue en transition » qui peut dépasser le cadre du jardinage et intégrer des achats groupés, la gestion des déplacements, des déchets, etc.

  • Toitures & façades — La majorité des toits peut facilement se transformer en zones de production d’énergie (électricité solaire photovoltaïque, micro-éolien urbain, eau chaude sanitaire et/ou appoint de chauffage via le solaire passif), en surfaces de collecte d’eau pluviale et, bien sûr, en zones de production alimentaire. Idem pour certaines façades qui peuvent aisément se couvrir de plantes adaptées et bénéfiques pour la biodiversité et la nutrition humaine.

  • Espaces négligés — C’est le cas de nombreux terrains vagues, zones boisées sauvages, parkings démesurés et même, plus simplement, les cours bétonnées des écoles. Ces zones peuvent facilement être utilisées, ne fût-ce qu’en partie, pour développer une pratique écologique saine et abondante.



Des villes résilientes pour le futur


Sans la permaculture urbaine et une écoconception réfléchie des activités humaines, il est très peu probable que nous puissions passer d'une ère économique et industrielle basée sur les combustibles fossiles et la course au profit à une ère basée sur l'abondance, l'équilibre et l'égalité… sans passer par des tensions extrêmes ! Si des mesures sont mises en place, comme l'initiative des ‘Villes en Transition’ de Rob Hopkins (1), la permaculture urbaine a le potentiel de nous nourrir, de nous fournir des remèdes naturels et une foule d'autres ressources utiles tout en apportant une plus grande fertilité et diversité dans les espaces urbains. C’est possible. La grande majorité des outils et des ressources existe déjà… il suffi t d’imaginer ceux qui manquent encore ! Evidemment, pour que cela se produise, il faut une volonté commune et un véritable effort pour travailler ensemble à la mise en oeuvre de ces transitions salutaires.


Pour terminer, la permaculture urbaine peut également nous (ré)apprendre à percevoir les systèmes existants et leurs interdépendances de manière fractale et holistique. Retrouver le sens de cette « Unité sous-jacente » à toute Vie est, en effet, une clef essentielle aux processus de transition en cours.












 

(1) dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes à de multiples reprises : transitionnetwork.org


Ressources :

• « Le guide de la permaculture urbaine » de C. Mayo aux Ed. Terre Vivante

• « La permaculture urbaine, sociale et économique » de S. Read aux Ed. de Terran.