"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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La nature nous montre le chemin


En Europe, nous avons connu plusieurs semaines, voire mois, de confinement strict. Chacun s’est immanquablement demandé : qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? Et comment puis-je me renforcer, me régénérer ?


J’ai découvert que trois choses étaient importantes pour me maintenir en bonne santé physique, psychique et spirituelle : des repas de qualité, nourrissants et savoureux, pris dans une belle atmosphère, des sorties pour un contact avec la nature (que des Parisiens ont établi en semant par exemple des graines sur leur balcon), et une « nourriture » sociale et culturelle enrichissante, que ce soit une conversation stimulante, un bon livre ou une émission de radio intéressante. J’ai découvert que nourriture et nature sont les deux faces d’une même médaille : la nourriture relie la nature à l’homme.


Manger avec conscience est une marque de culture

Se nourrir est l’apogée d’un long processus, où interviennent nature et être humain : « l’agriculture », la culture de la terre. Sans consommateurs, ce travail de la terre, cette agriculture, n’aurait que peu de sens. Je me demande parfois : est-il possible que je mange si vite ce qui a mis si longtemps à devenir un aliment ? Est-ce je montre à ce produit une estime que je souhaiterais pour moi-même ? Si nous suivons le chemin d’une plante cultivée, nous voyons de nombreuses étapes de développement et d’ennoblissement. Le simple fait de manger m’intègre dans les liens qui unissent nature et société.


Le blé comme exemple

Tout d’abord, l’agriculteur doit préparer un champ approprié, semer la variété de blé adaptée au lieu et ensuite laisser pousser et mûrir le blé pendant presque neuf mois, de l’automne à l’été suivant. Les conditions de culture sont importantes pour la qualité du blé : la plante est-elle forcée avec beaucoup d’engrais chimiques, pour donner un rendement maximal ? Ou lui est-il permis de se développer dans un paysage très diversifié, animé par des haies et des lisières de champ, où bleuets et coquelicots ont droit de cité ?


Après la récolte vient la question du prix

Quand le blé est récolté, il devient une marchandise que l’agriculteur peut vendre. Après le processus naturel guidé par l’agriculteur, les hommes deviennent les acteurs principaux. Le blé est moulu, transformé en pain. Deux questions se posent alors : réalise-ton que la substance originelle poursuit son ennoblissement, au sens propre de ce mot ? Le prix est-il configuré de telle sorte que chacun puisse subvenir à ses besoins et vivre de son activité ?


Connaître la provenance

Le blé devient donc un pain nourrissant. Je me réjouis de savoir que le blé de mon pain a poussé dans la ferme Demeter de la famille Croûte et que c’est le boulanger Turlupain qui l’a fait cuire. Derrière mon pain, je vois des visages et des paysages concrets auxquels je me relie et apporte volontiers mon soutien. J’ai remarqué que cette relation me nourrit elle aussi, me comble l’âme. Je goûte dans le pain leur amour.


L’homme a développé dans le passé une merveilleuse multiplicité de nouvelles plantes cultivées et de nouvelles races animales. Il a ennobli le substrat naturel. L’agriculture biodynamique et l’agriculture biologique poursuivent ce chemin. L’alimentation peut nous relier à la nature et aux hommes si nous sommes avec eux deux dans un rapport de confiance. Cela nous aide à redécouvrir la dignité de l’acte de manger.



Jean-Michel Florin, écologue et codirecteur de la Section d’Agriculture au Goetheanum

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