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L’Hypnose médicale et thérapeutique n’est pas un mythe



L’hypnose existe depuis la nuit des temps. Pourtant, cette technique a longtemps été vue par le monde de la science comme une pratique obscure, non démontrable, liée au magnétisme. Depuis quelques années, les domaines de la santé physique et psychique la voient d’un meilleur oeil et elle se fraie même une place dans les hôpitaux.



Etymologiquement, le mot hypnose est issu du grec « hupnos » qui signifie sommeil. Cette pratique très ancienne ne « fait pas dormir » le patient mais repose sur l’utilisation d’un état modifié de conscience proche du sommeil, appelé l’état hypnotique. La personne hypnotisée dispose d’un champ de conscience élargi, qui lui permet, en lien avec la personne qui l’hypnotise, d’accéder à de nouvelles possibilités pour affronter un problème particulier.


Comment cela se passe-t-il ?

En choisissant certains mots/associations d’idées, le patient est invité à focaliser sur une pensée agréable qui le place dans un état qui module des zones particulières du cerveau et déclenche une sorte de dissociation de l’esprit et des sensations du corps. Cet état permet au soignant de suggérer efficacement au patient de faire abstraction de ce qui l’entoure et de porter son attention sur des idées, images et sensations à vocation thérapeutique. Cela va l’aider à atténuer ses troubles ou douleurs. Les praticiens sont formés pour s’adapter à chaque cas différent.


D’après L’Académie Nationale de Médecine (France) : « L’Etat hypnotique est considéré comme doté de vertus réparatrices et susceptibles de faciliter secondairement, spontanément ou par suggestion, une meilleure homéostasie et un meilleur aménagement des relations de l’organisme avec son milieu. » Il ne s’agit pas de magie, la personne reste maître de ses actes. Il ne s’agit pas non plus de méditation. L’hypnose joue sur le relâchement de la conscience pour activer des processus de transformation. La méditation, quant à elle, éveille une conscience qui se libère du mental. Grâce à l’IRM fonctionnelle et aux dernières technologies de scanner, l’état hypnotique a pu être visualisé et caractérisé sur le plan médical.


Ses origines

L’hypnose s’inscrit dans la lignée des médecines ancestrales qui utilisent des états de conscience modifiée comme les Egyptiens, Les Grecs et les Sumériens. La version occidentale débute au 18ème siècle avec le médecin allemand Franz Anton Mesmer et sa thèse, « L’influence des planètes sur les maladies humaines ». Il finira par être expulsé de la faculté de médecine de Vienne pour charlatanisme alors qu’il a jeté les bases de l’hypnose moderne. L’un des personnages phares du 20ème siècle est le psychiatre américain Erickson qui va développer un nouveau courant, l’hypnose ericksonienne, mettant la personne hypnotisée au cœur du processus de guérison. Il démontre son efficacité en tant qu’outil clinique. Aujourd’hui, cette approche est la plus pratiquée dans les pays occidentaux et est à la base de l’approche psychothérapeutique. Pour Erickson, « l’hypnose médicale ne soigne pas la pathologie, elle soigne une personne. » On ne traite pas avec l’hypnose, mais sous hypnose.


La dimension médicale

L’hypnose a fait ses preuves dans la gestion des problèmes psychologiques et physiques. Il s’agit d’un outil utilisé par des coachs, des thérapeutes et des médecins. Elle est applicable dans le cadre de traitement de douleurs aiguës, chroniques et d’addictions (tabac, alcool, boulimie..).


Face aux addictions :

Il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un comportement. Les personnes qui présentent des comportements addictifs recherchent au moyen de l’acte ou de la substance addictive des effets de bien-être, de détente, de soulagement. Ces effets sont associés à un état de conscience modifié, ce qui peut être rapproché des bienfaits liés à l’hypnose. Ces personnes sont donc favorablement prédisposées à cette technique, mais les effets sont naturels et non pas artificiels. L’inconscient prend le pas sur le conscient pour favoriser la fin du comportement addictif.


Face aux maladies :

Il convient de distinguer :

L’hypoanalgésie : à visée antalgique (antidouleur), migraine, mal de dos, douleurs neurologiques, et dans l’accompagnement de patients atteints de pathologies graves (cancers, SIDA…) ainsi qu’en soins palliatifs.


L’hypnosédation : combine des techniques d’hypnose à de faibles doses de sédatifs ou à une anesthésie locale. Elle est utilisée dans les cas de chirurgie non profonde (thyroïde, hernie) d’endoscopie ou de radiologie interventionnelle. Les avantages sont nombreux : réduction de l’anxiété avant l’opération, réduction des nausées et des vomissements après l’opération, meilleure cicatrisation…


Qui dit médical dit légal

La loi sur l’application de l’hypnose dans les soins de santé date du 30 mai 1892 et « n’est plus adaptée à la diversification professionnelle actuelle nécessaire pour des soins de santé de qualité, et doit donc être actualisée », indique le Conseil supérieur de la santé (CSS)(1) « Malgré plusieurs soumissions d’amendements pour la rendre plus

conforme aux réalités actuelles, elle n’a jamais été actualisée. Étant donné que non seulement le contexte, la réceptivité et la motivation du patient, mais aussi l’expertise du soignant influencent le résultat du traitement par hypnose, il est nécessaire que tous les critères de précaution raisonnable applicables soient légalement spécifiés. »(2)


L’hypnose a donc sa place dans le monde médical comme l’affi rme Dr Tshibangu, anesthésiste hypno des Cliniques de l’Europe : « Ce qui est fascinant dans la pratique de l’hypnose, c’est qu’elle permet au patient de mobiliser des ressources dont il dispose mais qu’il ignore avoir. On l’aide à devenir acteur de sa prise en charge. Le patient ayant expérimenté l’hypnose va disposer d’un outil qu’il pourra utiliser dans d’autres situations selon ses besoins : l’hypnose est un vrai cadeau qu’on leur fait ! »(3)









(1). La Libre Belgique 25/09/2020

(2). www.css-hgr.be avis 9491

(3). https://www.europaziekenhuizen.be/fr/les-news/intervention-sous-hypnose-medicale







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