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Jeûner : manger moins, le secret d’une longue vie en pleine santé


Rejeté depuis des décennies par les médecines modernes, le jeûne est aujourd’hui très en vogue. Cette pratique millénaire retrouve progressivement ses lettres de noblesse au sein du monde scientifique. Ceci au vu de nombreux résultats de recherche, notamment dans le combat contre le cancer, la maladie d’Alzheimer, les maladies chroniques et inflammatoires ou encore le diabète de type 2 et le surpoids.


Qu’est-ce que le jeûne ?

Son origine vient du mot latin disjeju-nare (déjeuner), «  dis  » exprimant «l’arrêt du jeûne », tout comme, en anglais, break-fast signifie littéralement « rompre le jeûne ». Ce que, en réalité, nous pratiquons quotidiennement durant notre sommeil. Il s’agit un processus naturel, qui consiste à ne pas s’alimenter.


Jeûner : la plus ancienne pratique diététique

Si, depuis la nuit des temps, jeûner fait partie de toutes les pratiques religieuses au monde afin que l’homme puisse «  purifier  » son âme, il est également le moyen naturel de guérison le plus ancien. Déjà au Ve siècle av. J.C., Hippocrate conseillait la prise d’un seul repas par jour, riche en graisses, afin de soigner l’obésité et augmenter les fonctions cognitives.


Tout comme les animaux qui cessent de se nourrir lorsqu’ils sont malades ou blessés, intuitivement, l’homme a toujours pratiqué la diète et le repos pour se rétablir d’une affection.


A l’époque du paléolithique, l’abondance alimentaire ne faisait pas partie du quotidien du chasseur-cueilleur. Selon les saisons, il devait se contenter de ce que la nature lui offrait et faire face aux périodes de disette, de jeûne intermittent, pourrions-nous dire.


Une alimentation en continu  : un désastre sanitaire

A l’aurore du XXIe siècle, nous mangeons continuellement. Depuis une vingtaine d’années, nutrition et diététique sont des sujets qui ont envahi nos foyers, que ce soit par le biais d’émissions télévisées, d’articles de journaux, de magazines, sans oublier les sites et les forums internet ainsi que les publicités qui nous bombardent d’allégations santé. Vous êtes en baisse d’énergie  ? Un coup de barre sucrée et ça repart !


L’agro-alimentaire est omniprésent pour nous rappeler qu’il est salutaire de consommer un petit-déjeuner céréalier sous forme de pétales de maïs ou de biscuits dans un emballage individuel, facile à emporter, que sauter un repas est néfaste, voire dangereux.


Ainsi, à coups de messages subliminaux, le jeûne est tombé progressivement dans l’oubli.


Et aujourd’hui force est de constater que les maladies dites de civilisation tels que le diabète II, l’obésité, les troubles neuro-dégénératifs comme l’Alzheimer, le Parkinson, les burnout et les dépressions ne font qu’augmenter.


En moins de 50 ans, tout a basculé, tant au plan social, économique, environnemental qu’alimentaire. Nous mangeons trop et nous mangeons mal.


Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été prévenus… Déjà en 1997, l’OMS nous annonçait un réel fléau de santé publique, une pandémie pour reprendre ses mots.


Et en 2002, le bulletin de l’OMS alertait  : « D’ici 2020, les deux tiers de la charge mondiale de morbidité seront imputables à des maladies non transmissibles chroniques, pour la plupart nettement associées au régime alimentaire… »


Manger moins et mieux : une nécessité urgente de santé publique


Pourquoi le jeûne est-il salutaire ?

Au cours de la journée (phase d’assimilation), lorsqu’on s’alimente, il y a une tendance progressive à l’acidose tissulaire. Durant la nuit (phase d’élimination), une période de jeûne physiologique permet le nettoyage des déchets métaboliques auquel notre foie participe, accouplé à nos reins.


Cette phase d’élimination est cruciale et si elle peut être prolongée de quelques heures, c’est encore mieux et même vivement conseillé. Mettre nos organes digestifs au repos et permettre ainsi à nos émonctoires (reins, foie, intestins, peau et poumons) de filtrer les déchets hors du sang et de les éliminer de l’organisme, est essentiel.


Si l’évacuation ne se fait pas correctement, le sang s’épaissit, il ne circule plus aisément dans les vaisseaux. Les cellules s’encrassent, l’apport en oxygène et en nutriments ne se fait plus, les organes se congestionnent et n’effectuent plus valablement leur travail (ex : foie congestionné, articulations bloquées…). Les tissus et muqueuses sont irrités, s’enflamment et, à la longue, se sclérosent. Des mutations cellulaires peuvent ainsi provoquer des cancers.


Il faut trouver le jeûne qui convient à chacun. Il existe plusieurs façons de jeûner  : durant 16h, 24h, 36h, voire 5 jours et plus.


S’abstenir de se nourrir durant plus de 5 jours ne s’improvise pas. Il est préférable, dans ce cas, s’il s’agit d’une première expérience, d’être suivi par un professionnel de la santé. On ne boit que de l’eau, des tisanes, des bouil-lons et parfois des jus de légumes.


Il est important de préparer l’organisme en amont et il convient que la reprise alimentaire se fasse en douceur.

Des jeûnes thérapeutiques se pratiquent également dans des cliniques spécialisées, comme en Allemagne (la méthode Buchinger) ou en Suisse où les cures sont remboursées par la sécurité sociale.


Un des pionniers fut le psychiatre Youri Nikolaiev en Union soviétique, qui a soigné plus de 7000 personnes grâce à des jeûnes de 15 à 30 jours. Depuis 1950, la Clinique de Goryachinsk accueille des personnes venues du monde entier.


Quant à l’oncologue américain Valter Longo, il démontre que, lors d’un traitement par chimiothérapie, le jeûne peut aider à réduire les effets secondaires comme les nausées, la fatigue intense et contribuer au maintien du système immunitaire. Les cellules saines résistent mieux avec un jeûne alors que les cellules cancéreuses, sans nourriture, sont beaucoup plus vulnérables. On conseille souvent de supprimer l’apport en glucides, mais jeûner un jour avant et un jour après la chimio permet de soutenir encore davantage la vitalité de l’organisme.


Le jeûne intermittent  : une méthode chez soi, à la portée de tous

Le jeûne intermittent, connu également sous le nom de fasting, est une manière douce d’aborder cette pratique, avant de se lancer dans des jeûnes plus longs si on le souhaite. Jeûner nous aide à mieux comprendre ce que se nourrir veut réellement dire, à mieux ressentir le fonctionnement de notre organisme, et à consommer les aliments dont ce dernier a vraiment besoin.


Le jeûne intermittent (16h-8h)

Il existe plusieurs manières de pratiquer le jeûne intermittent (un jour sur 2 ou 5 jours sans restriction calorique et 2 jours à 500 calories), mais la plus aisée, peut-être au niveau social pour beaucoup d’entre nous, est le jeûne de 16h qui consiste à décaler la prise alimentaire au réveil.


On ne s’alimente que vers midi et on dîne vers 19h-20h. Ce type de jeûne permet de partager le repas en famille ou avec des collègues après le travail. Il ne s‘agit pas d’un régime restrictif en calories, mais bien de rallonger la période de repos de notre système digestif. Il est possible de se nourrir deux fois par jour et de se sentir rassasié.


Pour certaines personnes, il convient mieux de commencer la journée par un petit-déjeuner protéiné, ce qui permet la synthèse de la dopamine, ce neurotransmetteur, considéré comme le « starter » de notre organisme. On prend ensuite un déjeuner et on fait l’impasse sur le dîner.


A chacun d’apprendre à s’écouter et d’observer ce qui lui fait du bien.


Les bénéfices du jeûne intermittent 

Ce jeûne réduit l’appétit, régule la ghréline, l’hormone de satiété.


Grâce à cette pratique, vous pourrez mieux distinguer si vous avez réellement faim et pourrez supprimer plus facilement les grignotages.


Vous vous débarrasserez de l’hypoglycémie réactionnelle, ce fameux coup de pompe de 11h qui appelle un encas, accompagné d’un petit café bien sucré. Le jeûne intermittent aide à se déshabituer de l’envie de sucre et de glucides. Vous mettrez ainsi votre pancréas au repos et éviterez l’insulino-résistance et les risques de diabète II.

Et, cerise sur le gâteau si j’ose dire, vous allez perdre vos kilos superflus.


Par ailleurs, une consommation moindre de glucides ralentit le risque de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer, combat les radicaux libres et contribue ainsi au ralentissement du vieillissement cellulaire.

Le jeûne régénère la peau, synthétise de nouveaux neurones et améliore nos défenses immunitaires.


Il va sans dire qu’une alimentation vivante, riche en bons gras, en protéines de qualité et en légumes reste d’application. La bouteille d’eau sera votre fidèle compagne (de petites gorgées toute la journée durant), un incontournable pour mener à bien cette pause bienfaisante.


Le printemps est à notre porte. C’est le moment de tenter l’expérience du jeûne intermittent, un moyen de booster son énergie et sa clarté d’esprit.


Une fois les bénéfices éprouvés tant physiques que psychiques, vous ne pourrez plus vous en passer !


Vous vous sentirez plus léger, plus vivant.







Naturopathe, conseillère en nutrition et hygiène vitale

Auteure du livre « Soyez acteur de votre santé », publié aux Editions Racine

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http://reset.icone.be/Les-4-ateliers




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