"J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé."

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28 ans au service des patients par l’hypnose thérapeutique.



La nouvelle année académique n’est plus très loin à l’institut de Nouvelle Hypnose de Saint Gilles. Dès octobre prochain, professionnels de la santé souhaitant se spécialiser en hypnose médicale et thérapeutique fouleront le sol de cet étonnant institut, fondé en 1994 par le Docteur Eric Mairlot, neuropsychiatre de formation. En parallèle et toute l’année, des ateliers d’auto hypnose sont proposés.


Le blazer gris est parfaitement cintré, la barbe poivre et sel légère et bien taillée, le docteur Mairlot est serein, bien installé sur sa chaise, le regard direct et la diction nette, il a découvert l’hypnose par hasard, lors d’un cours de psychosomatique en quatrième année de médecine. Perturbé depuis l’enfance par des migraines ophtalmiques devenues invivables, il demande à son professeur d’hypnose de lui réaliser une séance d’initiation pour le libérer de ces céphalées. À la suite de celle-ci, et comme par miracle, il se trouve soudain libéré de ce mal qu’il trainait depuis l’enfance. Il est alors convaincu d’une chose : il doit poursuivre ses études de médecine, en neuropsychiatrie pour mieux comprendre le fonctionnement de l’hypnose.


Convaincu de l’efficacité de cette pratique peu courante et méconnue, Il décide de creuser. À l’époque, les formations à l’hypnose ericksonienne existent, elles sont appréciées mais peu de thérapeutes osent pratiquer. À partir de ce constat, et petit à petit il se spécialise, après Genève, il se forme à Paris en hypnose ericksonienne, puis à Saint-Étienne. Il va même jusqu’à séjourner aux États-Unis afin d’y rencontrer les élèves du psychiatre américain Milton Erickson, inventeur de la méthode qui porte son nom.


Entre temps, le sexologue américain Daniel Araoz met au point la « Nouvelle Hypnose » : plus collaborative, elle permet au patient, expert dans sa problématique et aidé par un thérapeute, spécialiste en technique, de l’amener à découvrir que lui-même est expert en solution.


S’inspirant de ces deux méthodes, il fonde quelques années plus tard une ASBL, connue aujourd’hui sous le nom de l’Institut de nouvelle hypnose. Une vingtaine d’années plus tard, l’institut jouit d’une belle réputation et offre un large choix d’ateliers, englobant les besoins de tout un chacun. Une équipe composée de 14 thérapeutes l’entoure et l’assiste pour guider, accompagner le patient vers une vie plus saine, plus sereine. Trois processus d’apprentissage voient le jour : Formations, Ateliers et Thérapies brèves.



Formations


Professionnels de la santé désireux de se former à l’hypnose thérapeutique peuvent y suivre une formation complète de trois ou quatre années, la quatrième année, optionnelle, leur conférant le titre d’expert. Des ateliers, des supervisions et des séminaires présidés par des médecins venus des quatre coins du monde sont mis en place afin de démocratiser un savoir -faire, transmettre un savoir-être nouveau. À travers plusieurs techniques, certaines attitudes développées dans le cadre des ateliers d’autohypnose, on parvient à un équilibre psychocorporel, une harmonisation des émotions et une meilleure gestion du moment présent.



Ateliers


Simultanément, pas moins d’une soixantaine d’ateliers émergent et sont accessibles à tous, dès 14 ans. Phobies, « burn out », crises d’angoisses, boulimie, anorexie, addiction, tocs, autant de pathologies que l’on peut traiter à l’institut.

Grâce à « l’hypnose phénoménologique », approche développée par le Docteur Eric Mairlot, depuis une vingtaine d’années, le patient, en collaboration avec le thérapeute, reprend la maîtrise de lui-même en prenant conscience de ses addictions, enracinées depuis longtemps via un phénomène d’autohypnose négatif. En bref, le postulat est le suivant : mobiliser les potentialités psychophysiologiques de l’individu, exploiter sa part d’inconscient, l’entrainer à se défaire de ses habitudes et le libérer de toutes formes de dépendances.


L’approche est basée sur une prise de conscience immédiate du patient de ses mécanismes d’autohypnose négative irrationnels qu’il s’est construit sans le savoir.

In fine, Il comprend qu’il ne subit plus ses dépendances puisqu’il en est l’instigateur. L’étape d’après consiste à accompagner le patient pour transformer cette autohypnose négative en autohypnose positive.


« Pour une addiction à la cigarette par exemple, il faut six séances : la première séance est individuelle et les cinq autres sont collectives. Statistiquement, un an après la sixième séance, 80% des fumeurs auront définitivement arrêté de fumer. Pour les phobies, comptez environ deux séances, et pour d’autres patients chez qui les phobies sont plus ancrées, ça peut prendre jusqu’à 10 séances. » rappelle Eric, avec bienveillance.


« Pour le régime plaisir par exemple, on apprend des techniques qui permettent de suivre le régime paradoxal du docteur Giorgio Nardone. c’est un régime qui a fait ses preuves et qui est facilité par des techniques d’autohypnose. On apprend à retrouver un sentiment de satiété en augmentant le plaisir. On est donc pas dans une optique de réprimer ses envies, au contraire, on va accompagner le patient vers un sentiment de satiété progressif en lui offrant à comprendre combien le plaisir diminue quand l’envie de manger est assouvie. »



Thérapies brèves


Le centre de thérapie brève est conçu pour soigner mais aussi pour accompagner des patients qui rencontrent des difficultés. Le champ thérapeutique des compétences est large et axé sur la recherche de solutions plutôt que sur les causes du problème. Secondé par une dizaine de thérapeutes, spécialisés dans un champ de compétence précis tel que médecins, psychologues, psychothérapeutes, coachs, kinésithérapeutes, l’accompagnement peut se faire en groupe, en famille, en couple mais aussi en individuel. Une fois inscrit, le patient est dirigé vers un service d’orientation gratuit qui écoute les demandes afin de le mettre en lien avec le thérapeute le plus adapté.




Pour les curieux qui n’oseraient pas franchir le cap de l’hypnose, le docteur Mairlot poursuit : « Je recommande de commencer par un atelier d’autohypnose de quatre séances pour s’acclimater à l’hypnose, l’idée c’est d’y aller à son rythme ». « L’hypnose c’est un peu comme la piscine » explique alors Eric. « C’est un peu comme si l’on n’a jamais réussi à nager : au début on va à la piscine, ensuite on regarde les autres nager puis on descend dans la petite profondeur, on fait quelques mouvements avant de se lancer dans le grand bain. »